Bien communiquer.

Vous êtes ce que vous dites.

Pourquoi communiquer de façon simple vous rendra plus efficace au travail (et en marketing).

Une chose étrange m’est arrivée il y a 4 ans. Je suis revenue m’installer en Angleterre après 13 ans de vie professionnelle en France, et je ne comprenais plus la moitié de ce que l’on me disait au travail. Non, je n’avais pas perdu la capacité à parler ma langue maternelle, mais j’étais perdue au milieu d’un lexique « marketing » et « business » qui me laissait un peu en marge de mes collègues. J’avais quitté la France et son obsession avec des anglicismes dans le business, où les « next steps » sont définies après un « brainstorm », pour être confronté par une situation similaire en Angleterre. Mais cette fois-ci, c’était pire parce qu’il s’agissait de ma langue.

Mon équipe « se connectait » avec d’autres collègues afin de « s’aligner ». On se retrouvait pour discuter comment « engager » notre audience, « faire croitre notre taux de reconnaissance », et parfois on faisait un « deep dive » dans un sujet particulier, utilisant « nos forces ». On parlait des « femelles » et l’importance de « génération Z ». Mais plus j’entendais ces termes, plus ça m’énervait, et pas parce que j’étais à côté de la plaque mais parce que plus je posais des questions, plus je comprenais que l’utilisation de ces mots nous empêchait d’avancer. Ces mots manquaient de clarté dans un environnement qui priait pour en avoir. Certains des mots étaient simplement énervants, d’autres étaient des véritables barrières à la compréhension de tous.

En tant que manager d’une grande équipe, j’ai senti que nous avions perdu l’art de la simplicité en faveur d’un langage compliqué. En tant que spécialiste du marketing, j’ai constaté que ce même langage a créé de la distance avec les personnes que l’on essayait de toucher par nos actions, en employant des termes qui nous donnaient un air intello, mais qui n’avait pas de place dans la vie réelle en dehors de nos bureaux. Je ne parle jamais de moi-même en tant que « femelle », mais me voilà en train de me creuser la tête pour savoir comment en toucher plus.

Ma solution.

Et donc je suis devenue obsédée par les détails (certains diraient pédante). J’ai demandé à mon équipe de me présenter leurs business plans, et je leur ai demandé tous de revoir et simplifier le langage pour que chaque initiative ait un objectif clair, dénué de jargon. Dans mon rôle de manager, j’encourageais la simplicité et le contact direct. Quand un membre de mon équipe promettait de « se connecter » avec untel après une réunion, je voulais savoir qui précisément, comment – email, téléphone, sms – et quand. Qu’allait-il demander à la personne, quels paramètres allait-il imposer pour recevoir la réponse et surtout, que voulait-il dire par « alignement », que signifiait-t-il pour le groupe ?

Quand un business plan parlait de « augmenter le taux d’engagement » via une initiative, je voulais des détails ; comment allait-on définir cet « engagement » (participer à un évènement, regarder la vidéo en ligne, des « likes » du post sur Facebook…), comment allait-on mesurer tout cela, avait-on besoin de tout mesurer même ? Ceci devenait important une fois que mon équipe commençait à délivrer certaines de leurs campagnes et leurs projets, et que l’on scrutait les résultats. Un langage imprécis pendant la période de planning créait de l’ambiguïté quant à la définition du succès post projet, et en toute honnêteté, empêchait les équipes d’analyser correctement l’impact et l’efficacité de l’initiative.

Alors qu’est-ce que j’ai enfin appris ?

Est-ce qu’un manque de pensée structurée laisse la place à un langage imprécis, ou inversement ? Dans cet exemple j’avais une équipe intelligente, mais leurs choix de mots impactaient leur travail. En tant que collègue et manager, j’étais témoin de plusieurs quiproquos dus à un langage pas assez précis, et de gros succès quand les équipes se parlaient avec des mots simples et des instructions claires. En tant que spécialiste du marketing et dirigeante, j’ai remarqué que plus on utilise des mots simples, mieux l’on est compris, et plus notre travail a un impact.

L’écrivain George Orwell a dit « si les gens n’arrivent pas à bien écrire, ils n’arrivent pas à bien réfléchir », mais j’adapterais la citation pour cet article et je dirais que si les gens n’arrivent pas à bien s’exprimer, ils n’arrivent pas à bien réfléchir. 15 ans à travailler à cheval entre l’anglais et le français m’ont appris l’utilité de bien choisir mes mots et la valeur associée.

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